- parenthèses -
Il y avait peut-être ici
Un sentiment de facilité.
Comme si tout était simple
Et cela, éternellement.
Tout allait vite.
C’était si évident
Que chaque minute de nos vies
Serait brûlée à la hâte.
Et qu’on n’y penserait plus.
Puis, des
PARENTHESES
Venaient ralentir le rythme
Et nous faire entrevoir
La vraie nature de nos existences.
De brefs instants.
Trop courts.
Mais inoubliables.
Que sera demain après eux ?
Nous ne voulions pas y penser.
Il ne fallait pas y penser.
C’était bien trop dangereux.
Dans ces moments fugaces,
Il fallait se laisser vivre.
Sans compter.
Sans regarder le temps qui passe.
Juste vivre.
Car au fond de nous-mêmes,
Nous savions
Que tout allait s’accélérer de nouveau
Et laisser là nos rêves et nos espoirs fragiles.
Ils resteront sur le bord du chemin
Que nous avions pris pour nous échapper.
Nous les retrouverons
(Peut-être)
Dans un an.
Ou cinq.
Ou dix.
Ou jamais.
Mais notre désir le plus cher
Etait de les retrouver.
Alors pourquoi ne pas s’arrêter là
Et les saisir ?
Avant que tout ne disparaisse
Dans une unique flambée,
Emportant tout sur son passage.
Un brasier inarrêtable.
Puissant, écarlate et aveuglant.
Effaçant tout.
Jusqu’aux souvenirs de nous-mêmes.
Peut-être sommes-nous sourds à nos propres voix ?
Nos cœurs ne battent plus assez fort
Pour nous rappeler que
Nous sommes des êtres vivants, avant tout.
Fragiles et vulnérables.
Et dotés d’un pouvoir magnifique :
Aimer et aimer encore.
Mathieu Finet
