- inouïe -
Partis au cœur de la nuit,
Quand il n'y a aucun bruit,
Ils sont encore haletants,
Fourbus d’une dure ascension.
La nature est enfouie
Sous la neige bleutée.
Ils voient l’aube poindre
Et leurs pas s'accélèrent.
L'air sec et glacé
Leur gifle le visage.
Immobiles mais fébriles,
Ils attendent patiemment.
Le soleil est paresseux
Et, derrière les montagnes,
La lumière hésite encore
A passer l'horizon.
Les symptômes de l'effort
Martèlent les corps.
Mais qu'importe les coups
Quand on est impatient,
Quand les poumons se gonflent
Pour reprendre de l'air,
Et que la vie bouillonne
Dans chacune de leurs veines
Le temps suspendu
Les prive de parole.
Aucun d'eux n'ose émettre
Quelques mots inutiles.
La danse des nuées
Conte l'histoire espérée
Que les humains cherchent
Sur les hauteurs du monde.
Voir la splendeur limpide
D'un lever de soleil
Et les remous tortueux
Des nuages agités.
Voir que la Terre est belle
Malgré l'humanité
Et surtout qu'être ensemble
Est richesse inouïe.
Mathieu Finet


